Il y a des reconversions qui se planifient pendant des mois… Celle de Julien Thouvrey a pris 48 heures ! Fraîchement diplômé d’un Master de Mathématiques appliquées spécialisé en Data Science, il venait tout juste de créer son profil sur l’APEC quand OCSI l’a contacté pour la Pépinière i. Deux jours plus tard, il créait son compte France Travail. Quelques semaines après, il démarrait la formation et aujourd’hui, il est développeur IBM i chez ARCAD Software, l’une des boîtes de référence mondiale dans la modernisation des applications IBM i. L’occasion pour nous de lui poser quelques questions.
Qu’est-ce que tu faisais avant d’intégrer la Pépinière i ?
J’ai eu un parcours post-bac alambiqué : deux années de Prépa MPSI/MP, une année déscolarisée pendant la période Covid durant laquelle j’ai aidé mon père à monter sa boîte de mécanique, puis j’ai rejoint l’université en L3 Mathématiques & informatique avant de finir ma scolarité avec un Master de Mathématiques appliquées, avec spécialisation dans les Sciences des données… Quand j’ai été contacté pour la pépinière, je venais d’achever ce cursus universitaire, et j’attendais de tomber sur une opportunité pour m’ouvrir à de nouveaux horizons.
Comment est-ce que tu as postulé ?
Je venais de créer mon compte sur l’Apec ; deux jours plus tard j’ai été contacté par OCSI pour la formation, j’ai créé mon compte France Travail très rapidement pour être éligible, j’ai passé l’entretien… Tout s’est passé très vite. Un bel effet boule de neige.
La première fois que tu as vu à quoi ressemblait l’univers de l’IBM i, t’en as pensé quoi honnêtement ?
Génial. Je suis quelqu’un qui adore l’histoire, et quand j’étais plus jeune je me passionnais également pour l’histoire des jeux vidéos, notamment le monde des micro-ordinateurs des années 80 qui me fascinait (ZX Spectrum, Amstrad CPC, Amiga, Oric, Atari ST, Commodore 64 et j’en passe). Couplé au fait que je m’étais déjà intéressé au monde d’IBM via le COBOL, je me suis donc immergé dans l’IBMi comme un poisson dans l’eau. Même si l’on code sur des IDE plus modernes, bien sûr, cela reste un bonheur quotidien d’allumer mes écrans noirs et verts.
Ton pire et ton meilleur moment de la formation ?
C’est difficile de ne choisir qu’un meilleur moment, tant les trois mois et demi de la formation en regorgeaient, mais s’il le faut… Je dirais que c’était probablement le moment où il fallait coder le sous-fichier full dynamique. Il y avait un esprit de compétition saine durant toute la pépinière, et nos formateurs nous avaient dit que personne ne le faisait habituellement, et qu’il n’y avait qu’un seul ancien de la pépinière qui avait fait l’exercice… Mais c’était mal connaître la pépinière XVI (la meilleure)! On s’est tous mis dessus, et je crois que toute la promo a fini par avoir sa version du sous-fichier full dynamique. Puis moult idées farfelues sont venues se greffer à tout ça avec des projets persos qui servaient pour nous d’exercices bonus. On s’amusait beaucoup à coder entre nous, c’était vraiment cool.
Et il m’est encore plus difficile de choisir un moment qui serait mauvais, alors le pire… Je dirais que c’était le jour où le métro était en panne. J’ai dû faire un grand détour et ça m’a pris un temps fou pour rejoindre le lieu de la formation. J’étais énervé pour le reste de la matinée, mais pour des raisons extérieures à la formation…!
Si tu devais résumer ta formation en 3 mots ?
Cohésion, émulation, bienveillance.
Est-ce que tu as eu une surprise entre ce que t’imaginais et la réalité du terrain ?
Il y a forcément un décalage entre nos attentes en sortie de formation – où l’on a passé des mois entre nouveaux passionnés de l’IBMi à se lancer des défis, à voir ce que l’on était capable de faire de mieux, bref, à nager dans l’effervescence – et avec le monde de l’entreprise, qui est une machine plus lourde, avec des intérêts importants en jeu. Il faut avoir l’humilité de reconnaître qu’il reste encore beaucoup à apprendre pour coder proprement en entreprise, et que c’est un processus plus long, plus lent peut-être, mais pas moins passionnant.
Aujourd’hui, tu fais quoi concrètement ?
Après la promo, j’ai rejoint ARCAD, la boîte de référence dans le domaine de la modernisation sur IBMi. En ça, j’ai un rôle différent des autres développeurs IBMi: j’ai bien sûr une partie de mon métier consacrée à la maintenance de nos produits, à la résolution de bugs, etc., mais le cœur de mon travail réside plutôt dans la création ou l’amélioration de fonctionnalités qui seront utilisées par d’autres développeurs IBMi dans leur routine de travail et/ou pour moderniser leur application. C’est davantage un travail de R&D, et c’est très stimulant ; c’est exactement ce que je recherchais.
Et l’IA dans tout ça ? Tu la ressens comment au quotidien dans ton métier IBM i ?
Il est clair que l’IA est un sujet d’actualité brûlant dans le monde de l’IBMi depuis quelques mois, notamment avec la sortie de BOB par IBM. Dans notre équipe, nous utilisons encore relativement peu l’IA, mais il faut bien reconnaître qu’elle devient très douée même dans notre domaine (qui restait plus ou moins «préservé» des progrès de l’IA jusqu’à il y a peu), et qu’elle est très utile pour avoir des réponses de documentation rapide sur des points parfois obscurs de l’IBMi. Elle permet une montée en compétence pertinente et accélérée, et je pense qu’elle va s’insérer de plus en plus dans la routine de travail des développeurs IBMi.
Un conseil à quelqu’un qui hésite à se lancer ?
Suivre son instinct. Comme je le disais, tout s’est fait très vite de mon côté lorsque j’ai été contacté pour la formation ; j’ai décidé de ne pas trop réfléchir et de me lancer, et je ne le regrette aucunement. Donc: n’hésitez pas à saisir l’opportunité. Le monde de l’IBMi est passionnant et la communauté vraiment bienveillante, c’est comme une grande famille. Les meilleures décisions se prennent parfois lorsque l’on choisit de se laisser porter.
Le cliché sur l’IBM i qu’il faut arrêter ?
Qu’il s’agit d’un système obsolète et dépassé. C’est un monde en constante évolution et qui s’adapte aux enjeux de son temps.
L’IBM i dans 10 ans, tu le vois comment ?
Toujours bien vivant, certainement encore plus puissant qu’aujourd’hui, et toujours une référence pour faire tourner les systèmes critiques de pleins d’entreprises de secteurs variés. On parle parfois des craintes qu’IBM ne mette fin à la maintenance de ses systèmes, mais que ce soit à moyen ou long terme, je ne pense pas que cela aura lieu. Cela reste une vraie manne pour IBM, avec une roadmap définie pour les années à venir, et migrer de système est une opération risquée que peu d’entreprises osent – ou veulent – réaliser. Avec de plus en plus de boîtes qui cherchent au contraire à moderniser leur application, grâce aux progrès de l’IA également, et grâce à l’interconnexion entre l’IBMi et les langages et interfaces modernes, travailler dans le monde de l’IBM i dans dix ans sera – je l’espère – plus passionnant encore qu’aujourd’hui !
Si tu pouvais poser une question aux toutes premières promos de la Pépinière i ?
Quel a été votre parcours depuis la fin de la Pépinière ? Tellement de destins différents : certains sont devenus chefs de projets, d’autres commerciaux, d’autres encore ont complètement changé de voie… Savoir comment la pépinière a changé leur vie, d’une certaine façon, mais aussi s’ils ont gardé contact avec leurs camarades de «promotion» malgré la variété de parcours professionnels.
Ce que tu réponds quand on te demande « c’est quoi ton métier ? » ?
Je réponds immanquablement: «développeur sur les systèmes IBMi». Ça m’offre l’occasion d’expliquer aux gens ce qu’est l’IBMi – même succinctement. C’est un plaisir dont je ne me prive jamais.
Passionné, curieux et visiblement heureux dans son quotidien d'écrans verts : Julien est la preuve que la Pépinière i ne forme pas seulement des développeurs IBM i : elle révèle des profils qu'on n'attendait pas forcément dans ce monde-là. Son parcours vous parle ? 👉 Découvrir la formation développement IBM i